Research at HARI

Nutrition aviaire : tendances et courants de pensée

Il existe un bon nombre de régimes alimentaires qui permettent aux oiseaux d’obtenir une nutrition optimale. Cependant, lorsque vient le moment de préparer un mélange d’aliments, il est important de bien comprendre les principes de base qui déterminent les avantages et les désavantages de ces aliments et leur rôle dans l’apport en vitamines, en minéraux, en protéines et en matières grasses. Les animaux sauvages, y compris les oiseaux, montrent à leurs petits les bonnes combinaisons d’aliments, parfois très peu variées, qui contiennent les éléments nutritifs pour grandir, se reproduire, vivre et dans le cas des oiseaux, voler. Le fait qu’ils savent d’instinct quels aliments choisir est le résultat d’une évolution de plusieurs milliers d’années. En captivité, l’environnement et les aliments sont différents et il est normal que les oiseaux ne choisissent pas immédiatement la meilleure combinaison. Malgré tout, il n’est pas nécessairement préférable de donner aux oiseaux en captivité la nourriture qu’ils consomment à l’état sauvage. Bon nombre de plantes sauvages produisent des substances allélochimiques ou ne contiennent que très peu d’éléments nutritifs. Il n’est pas nécessaire de donner des suppléments minéraux neutralisants, comme ceux des falaises du Pérou, à un ara vivant en captivité que l’on nourrit avec des aliments produits pour la consommation humaine. Certains éleveurs sont convaincus que les aliments complexes qui requièrent une main-d’œuvre importante et renferment des ingrédients coûteux sont les plus nutritifs. Il est pourtant possible d’offrir des aliments peu coûteux et faciles à préparer qui n’empêchent pas les oiseaux d’absorber les quantités requises d’éléments nutritifs essentiels. Au lieu d’expliquer le rôle que jouent les éléments nutritifs essentiels (vitamines, minéraux, etc.) dans l’organisme des oiseaux, je préfère insister sur la façon de s’assurer qu’ils reçoivent une quantité maximale de ces éléments nutritifs. Jusqu’à tout récemment, les graines constituaient la nourriture de base la plus répandue pour les perroquets, les oiseaux de compagnie et même pour les couples reproducteurs. Cependant, la nutrition optimale était rarement atteinte et, par conséquent, les couvées étaient plus petites et l’espérance de vie des oiseaux, diminuée.

Ainsi, la tendance qui prévaut aujourd’hui en Amérique consiste à offrir aux perroquets une alimentation riche en légumineuses, en pâtes et en aliments formulés et qui contient peu ou pas de graines oléagineuses. À l’heure actuelle, il y a au moins douze entreprises différentes qui produisent et vendent des aliments formulés et, selon moi, ces formules commerciales supplantent les mélanges de graines dans l’alimentation d’au moins la moitié des perroquets d’élevage. Une alimentation à base de graines peut convenir s’il y a un ajout adéquat de suppléments alimentaires et si les graines sont offertes en petites quantités, forçant l’oiseau à manger les légumes et les autres suppléments dont il a besoin. Les fruits et la plupart des légumes se révèlent efficaces pour fournir à l’animal les suppléments de vitamines et de minéraux solubles dans l’eau qui doivent être ajoutés à une alimentation à base de graines. Si ces aliments sont employés seuls, leur contribution est minime puisqu’ils se composent principalement d’une grande quantité d’eau, d’un peu de fibres, de quelques vitamines et, dans le cas des légumes à feuilles foncées, de quelques minéraux. Personnellement, je tente de les éviter en raison de leur insalubrité, du travail et des coûts inhérents à leur préparation et, aussi, du nettoyage souvent nécessaire une fois que les oiseaux ont fini de les picorer.

La densité calorique d’un aliment est importante puisque c’est elle qui détermine la quantité de nourriture que l’oiseau mangera.

Le problème nutritionnel le plus grave d’une alimentation à base de graines n’est pas sa carence nutritive, qui peut être comblée par l’ajout de suppléments, mais bien l’excès de matières grasses qu’elle contient. Le taux de matières grasses des trois sortes de graines les plus consommées est si élevé que ces graines sont dites « oléagineuses ». Bien que les graines de carthame soient plus petites et moins appétissantes que les graines de tournesol, elles sont plus riches en matières grasses. Comme les oiseaux ne raffolent pas du goût amer des graines de carthame, un mélange qui en contient les forcera à manger une plus grande variété de graines. Un taux élevé de matières grasses dans l’organisme se traduit par des selles compactes et petites ainsi qu’une faible consommation d’eau puisque celle-ci est un sous-produit du métabolisme des matières grasses. Les aliments formulés, surtout ceux dont la teneur en matières grasses est faible, entraînent une hausse de la consommation d’eau et donc des selles beaucoup plus grosses. Il est important d’offrir une alimentation dont le nombre de calories convient au niveau de croissance de l’oiseau et à ses besoins énergétiques.

Un environnement froid, une grande cage, la reproduction et une cage qui permet à l’oiseau de voler librement sont des facteurs qui augmentent le besoin de l’animal en énergie. Cependant, la vie sédentaire de la plupart des oiseaux gardés en cage, conjuguée à la constante disponibilité de nourriture, mène inévitablement à la suralimentation. Cette situation, combinée à la consommation de graines oléagineuses, de noix et d’autres aliments à haute teneur en matières grasses a pour conséquence de faire diminuer la consommation d’aliments nutritifs dont font partie les aliments formulés. Une certaine quantité de matières grasses ne doit pas être considérée comme entièrement mauvaise. En effet, si le taux de matières grasses d’un aliment formulé est de 8 à 12 %, il est tout de même cinq fois moins élevé que celui des graines oléagineuses. Les germes sont faibles en matières grasses et contiennent quelques vitamines. Les désavantages de la germination sont le risque de contamination fongique (comme la candidose) ainsi que le temps et l’espace nécessaires à la préparation des germes. La densité calorique d’un aliment est importante puisque c’est elle qui détermine la quantité de nourriture que l’oiseau mangera. Le niveau d’énergie influence donc la quantité de vitamines, de minéraux et de protéines que l’oiseau absorbe quotidiennement.

Afin de maintenir leur poids, les oiseaux doivent consommer deux fois plus d’aliments granulés que de graines à haute teneur en calories. La différence d’énergie provient du fait que la valeur énergétique des matières grasses est plus de deux fois supérieure à celle des protéines et des glucides. Ce qu’il en coûte pour nourrir un oiseau ne doit pas être calculé au kilogramme de nourriture, mais plutôt au kilogramme d’énergie digestible. Le procédé d’extrusion utilisé dans la production des « croquettes » permet d’y incorporer efficacement une quantité élevée de matières grasses. La tendance actuelle consiste à produire des aliments qui coûtent peu, qui contribuent fortement au bien-être de l’animal, et dont la digestibilité et la valeur énergétique ont été haussées. Les granulés sont fabriqués en passant la purée sèche à la vapeur et en la soumettant à une grande pression avant de l’expulser d’une grande matrice en acier. Les fermiers utilisent fréquemment ce procédé pour produire à peu de frais de la moulée pour poulets et cochons. Le procédé d’extrusion est accompli grâce à une cuisson très humide et son utilisation est courante dans la fabrication d’aliments pour êtres humains et pour animaux de compagnie. La température de cuisson atteint un degré extrêmement élevé pendant une courte période de temps, ce qui permet d’éliminer la plupart des bactéries pathogènes (que peuvent contenir certains ingrédients crus) et de gélifier l’amidon, augmentant ainsi la digestibilité de la croquette et la variété d’ingrédients qu’elle renferme. Il ne fait aucun doute que la plupart des aliments extrudés sont plus appétissants que les granulés dont la formulation de base est la même. De plus, les granulés ont tendance à se désagréger lorsque l’oiseau les picore, ce qui occasionne des pertes. Les croquettes extrudées, quant à elles, se brisent en morceaux encore mangeables au lieu de se défaire en poudre.

La qualité des protéines, qui est déterminée par leur digestibilité et l’équilibre de leurs acides aminés, est aussi importante que leur quantité. Plus la variété de graines, de légumineuses (fèves), de noix et d’autres sources de protéines est grande, meilleur sera l’équilibre des acides aminés. En plus des avantages évidents liés à la belle apparence des croquettes, un tel mélange d’ingrédients permet donc d’améliorer la qualité moyenne des protéines. Les différents profils d’acides aminés de ces sources de protéines se complètent pour former une protéine de haute valeur biologique. Selon une recherche menée à UC Davis, la matière sèche d’un aliment doit renfermer 0,8 % de lysine et 20 % de protéines totales pour répondre aux besoins des perruches calopsittes. Comme ces besoins ressemblent à ceux de la volaille commerciale, il est ensuite possible d’utiliser ces pourcentages pour estimer les besoins de croissance des perroquets. En se basant sur les valeurs obtenues grâce à cette estimation, il semblerait que les trois taux d’acides aminés des graines oléagineuses (lysine, méthionine et cystine) sont trop faibles. Les protéines trouvées dans les plumes renferment une teneur élevée en cystine et, par conséquent, le besoin relatif de cet élément nutritif augmente lorsque, chez l’oisillon ou l’adulte en période de mue, la croissance des plumes est à son maximum. Ceci explique peut-être pourquoi les perroquets dont l’alimentation est à base de graines développent un plumage de mauvaise qualité. L’ajout de suppléments de lysine et de méthionine, que les oiseaux peuvent convertir en cystine, contribue grandement au développement d’un magnifique plumage. Cet exemple illustre l’importance d’ajouter à l’alimentation une quantité élevée d’éléments nutritifs, qui font défaut dans une alimentation à base de graines, au lieu d’ajouter à l’alimentation une petite quantité de tous les éléments nutritifs connus, puisqu’un bon nombre de ces éléments sont probablement déjà présents en quantité suffisante dans un régime à base de graines, de légumes et de fruits.

De nombreux propriétaires d’oiseaux pensent que les aliments formulés sont monotones, et se demandent comment leur oiseau peut vivre avec seulement un aliment. Eh bien, certains aliments formulés contiennent une plus grande variété d’ingrédients et de protéines qu’une nourriture composée de graines oléagineuses. On s’inquiète au sujet d’oiseaux recevant trop de protéines qui stressent les organes excrétant de l’azote (un sous-produit du métabolisme des protéines). Ayant à l’esprit que la quantité totale de protéines consommées par l’oiseau dépend de la densité énergétique de l’aliment, nous devons diviser la quantité de protéines par la quantité de calories pour obtenir une comparaison significative des divers régimes alimentaires. La proportion optimale de protéines en fonction de la densité énergétique nécessite encore de nombreuses recherches. Il peut être possible et plus approprié de donner aux oiseaux des quantités de protéines relativement faibles pendant une bonne partie de l’année. Des aliments très riches en protéines stimulent probablement les oiseaux sauvages à la reproduction, mais avec la probabilité que nous donnions aux oiseaux une nourriture contenant trop de protéines, l’ajout de noix ou la conversion à une nourriture transformée incorporant plus de protéines n’atteint pas le même niveau de stimulation qu’à l’état sauvage. De tels changements prudents par rapport à la teneur en nutriments ne peuvent être accomplis qu’avec des aliments correctement composés, pour lesquels l’oiseau a très peu de chances de choisir un niveau différent.

Comme il a déjà été mentionné, la teneur élevée en calories des graines oléagineuses limite leur consommation et diminue donc la quantité d’acides aminés disponibles pour la croissance de nouvelles plumes, de nouveaux muscles, etc. Par conséquent, même si les graines oléagineuses ont une concentration plus élevée en pourcentage de protéines, les oiseaux n’en consomment pas assez, ce qui explique ensuite la mauvaise croissance de leurs plumes, de leurs muscles, etc. Inversement, les oiseaux transforment peut-être trop de protéines s’ils sont nourris de granulés puisqu’ils doivent en manger beaucoup pour satisfaire leurs besoins énergétiques.

Information nutritionnelle

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Le problème nutritionnel le plus grave d’une alimentation à base de graines n’est pas sa carence nutritive, mais bien son excès de matières grasses. Le taux de matières grasses des trois sortes de graines les plus consommées est si élevé que ces graines sont dites « oléagineuses ». Bien que les graines de carthame soient plus petites et moins appétissantes que les graines de tournesol, elles sont plus riches en matières. Comme les oiseaux ne raffolent pas du goût amer des graines de carthame, un mélange qui en contient les forcera à manger une plus grande variété de graines. Un taux élevé de matières grasses dans l’organisme se traduit par des selles compactes et petites ainsi qu’une faible consommation d’eau puisque celle-ci est un sous-produit du métabolisme des matières grasses. Les aliments Tropican comprennent le bon taux de matières grasses, lequel n’est pas trop faible, en restant tout de même cinq fois moins élevé que celui des graines oléagineuses.

Le National Research Council des États-Unis décrit les niveaux nutritifs requis en se servant de certaines valeurs énergétiques alimentaires, dans toutes les publications traitant des besoins nutritifs des animaux. La teneur en fibres des graines est énormément inférieure à la quantité indiquée sur les sacs de graines mélangées. Puisque les oiseaux décortiquent les graines et les noix, ils ne mangent pas les écales à haute teneur en fibres, mais celles-ci doivent tout de même être incluses dans l’analyse inscrite sur l’emballage. Ceci a donc pour effet de sous-estimer la quantité de protéines et de matières grasses et de surestimer la quantité de fibres. Par conséquent, l’information nutritionnelle sur les sacs de graines n’a aucune valeur. La préférence des oiseaux pour les graines à haute teneur en calories et leur rejet des grains contenant moins de matières grasses, lesquels contrebalanceraient les matières grasses, provoquent la malnutrition et l’obésité.

Les aliments formulés équilibrent les fibres avec d’autres substances nutritives à l’intérieur d’une croquette pré-mélangée qui empêche ainsi les oiseaux de choisir les ingrédients riches en matières grasses. Les aliments formulés éliminent également les dégâts provenant des écales riches en fibres autour des cages, un aspect négatif de l’élevage des oiseaux. Les aliments utilisés comme jouets sont par ailleurs inutiles et malsains. Si vous donnez aux oiseaux du bois, du cuir brut et de la corde à mastiquer, vous obtiendrez de meilleurs résultats à long terme pour leur bien-être.

Le niveau optimal de vitamines est plus difficile à déterminer et l’oiseau peut facilement développer une carence en plusieurs vitamines qui pourrait entraîner une mauvaise reproduction. La résistance aux maladies et la bonne forme physique sont également difficiles à évaluer. Quelle quantité supplémentaire de vitamine A, E ou C devrait-on ajouter à un aliment avant de confirmer qu’il y a gaspillage ou que l’oiseau en reçoit trop? Une solution consiste à ajouter des sources de vitamines plus sûres comme la provitamine A ou le bêta-carotène, que les oiseaux peuvent ensuite transformer en vitamine A quand ils en ont besoin. La vitamine C peut être nécessaire en période de stress ou chez les bébés perroquets, et elle constitue une vitamine très fragile se décomposant rapidement dans la nourriture. L’utilisation de formes stabilisées ou chélatées nous assure que l’oiseau en recevra une quantité adéquate. Les responsables d’une compagnie ont averti les utilisateurs de ne plus donner de supplément de vitamine E aux cacatoès mâles au moment de la reproduction parce qu’ils ont associé un excès de vitamine E à des comportements agressifs. Une insuffisance de vitamine E entraînera l’infertilité, mais une quantité trop élevée ne signifie pas nécessairement que les oiseaux deviendront violents avec leurs compagnons! Ajouter plus de vitamine E que ce dont l’oiseau a besoin agira comme antioxydant naturel dans les aliments formulés; ainsi, on évitera que des matières grasses deviennent rances et que d’autres vitamines soient détruites.

Un excès de vitamine D3 a causé plus de problèmes dans les aliments formulés et dans les tentatives pour compléter l’alimentation « à la carte » que n’importe quelle autre vitamine. Cet excès de vitamine D3, en particulier chez les jeunes aras, provoque la calcification des organes à tissus mous comme les reins, et celle-ci est facilement décelée par l’histopathologie après une biopsie. Un comité sur la nutrition aviaire (Avian Nutrition Committee) a été formé par l’Association des vétérinaires aviaires des États-Unis (Association of Avian Veterinarians AAV) afin d’émettre certaines lignes directrices sur les niveaux de nutriments dans les régimes alimentaires des oiseaux. J’ai eu l’honneur de participer à ce groupe de travail dont l’une des principales recommandations était que le niveau de vitamine D3 ne doit pas dépasser 2 000 UI/kg dans le régime alimentaire d’un perroquet (l’échelle d’énergie brute d’un régime alimentaire se situe entre 3 200 et 4 200 kcal/kg). Il n’existe aucune raison valable pour voir des bébés aras mourir dans la douleur à la suite d’une intoxication causée par la vitamine D3 même si certains intérêts commerciaux ne souhaitent pas un échange ouvert des données provenant de recherches privées sur l’alimentation.
(réf. : Feed Management, Watt Pub., février 1998, vol. 49, numéro 2)

Le taux de calcium dans les graines oléagineuses est si bas que les gris d’Afrique, après seulement quelques années d’un régime alimentaire à base de graines, peuvent souffrir d’une tétanie musculaire ou d’autres problèmes.

Les problèmes communs chez les oiseaux nourris de graines sont la faiblesse des os, la mauvaise calcification des œufs et du développement de l’œuf, ainsi que des problèmes de thyroïde et de contraction des muscles. Ces troubles sont tous reliés au manque de plusieurs minéraux dans les graines. L’ajout d’un supplément contenant une petite quantité de tous les minéraux essentiels au régime alimentaire à base de graines ne tient pas compte du fait que certains minéraux comme le potassium et le fer sont déjà à un niveau suffisamment élevé dans les graines. Un supplément trop élevé de fer peut causer une maladie du foie chez certaines espèces de toucans, de mainates et d’autres oiseaux à bec droit. Une attention particulière doit être accordée à chaque carence en minéraux afin de préparer le supplément adéquat.

Il semble que la quantité de phosphore soit suffisante dans la plupart des graines, même les graines oléagineuses. Une certaine portion du phosphore ne peut être assimilée par l’oiseau parce qu’elle est liée à l’acide phytique. Le rapport du phosphore au calcium doit être inférieur à un ratio de 1 pour 2, ce qui représente deux fois plus de calcium que de phosphore. La plupart des suppléments de minéraux pour oiseaux contiennent cette proportion. Cependant, lorsque des graines faibles en calcium ont un taux de phosphore élevé, l’apport alimentaire est insuffisant. Le taux de calcium dans les graines oléagineuses est si bas que les gris d’Afrique, après seulement quelques années d’un régime alimentaire à base de graines, peuvent souffrir d’une tétanie musculaire ou d’autres problèmes. Ces oiseaux auraient besoin d’un supplément de calcium d’urgence donné par un vétérinaire, puisqu’ils ont de la difficulté à utiliser leurs réserves osseuses. Malheureusement, le surplus de calcium et de vitamine D3 a posé problème lorsque les éleveurs ont ajouté des suppléments en trop grande quantité. Chez les bébés perroquets qui croissent rapidement, le calcium se dépose sur les organes à tissus mous tels les reins. Une défaillance organique peut en résulter, prouvant que les mélanges faits à la maison peuvent être dangereux. Les aliments formulés subissant un contrôle rigoureux de leur qualité nutritive sont plus sûrs pour les oiseaux, en particulier s’ils sont servis par des propriétaires d’oiseaux inexpérimentés.

La psittacose représente encore un problème chez certaines espèces, mais celle-ci peut être éliminée à long terme en nourrissant les oiseaux avec un granulé médicamenteux. Cette maladie transmissible aux humains, ou zoonose, peut être détectée chez des porteurs subcliniques tels les perruches calopsittes. HARI, pour sa part, a éliminé les porteurs de la chlamydia, responsable de la psittacose, à l’aide d’un aliment formulé contenant un mélange de 1 % de chlortétracycline ajouté à la formule pendant 60 jours. D’autres modifications aux formules doivent être effectuées : il faut un niveau plus élevé d’antifongique (propionate de calcium) et un niveau plus bas de calcium. Je crois que les aliments formulés constituent la meilleure solution pour éliminer cette maladie de nos volières. Ajouter des médicaments à l’eau de boisson ne constitue pas la meilleure façon de supprimer cette maladie chez un porteur.

Les aliments formulés subissant un contrôle rigoureux de leur qualité nutritive sont plus sûrs pour les oiseaux, en particulier s’ils sont servis par des propriétaires d’oiseaux inexpérimentés.

Nous en sommes à la première étape de la compréhension des besoins nutritionnels et comportementaux des oiseaux en captivité. Cependant, nous en apprendrons davantage sur leurs besoins spécifiques en matières grasses, en protéines et en vitamines si nous connaissons la composition des aliments que nous leur servons et ce qu’ils assimilent. Il est presque impossible de le savoir quand les oiseaux peuvent se nourrir « à la carte ». Tous les aliments rejetés devraient être recueillis rapidement, analysés et soustraits des aliments servis, le reste représentant ce que l’oiseau a ingéré.

Dans les années 1980, quand je travaillais à ma maîtrise, j’ai essayé cette méthode et je ne suis pas parvenu à des chiffres précis puisqu’il y avait une quantité trop élevée de déchets. J’ai toutefois été capable d’installer une mangeoire unique, de servir des graines de tournesol décortiquées et de recueillir la nourriture rejetée par les oiseaux, dans ce cas-ci des cacatoès de Goffin. L’énergie métabolisable des graines de tournesol chez ces oiseaux en cage était de 6 201 + 282 kcal/kg pour un essai global de nourrissage à volonté et de 6 094 + 86 kcal/kg pour un essai global de nourrissage par gavage. Le métabolisme moyen quotidien pour les cacatoès de Goffin en cage était de 48 kcal par jour par oiseau ou de 185 kcal par jour par kilogramme de l’oiseau. Ces chiffres correspondent à environ 2,2 fois le métabolisme basal prévu à l’aide des formules. La connaissance des besoins en énergie d’un oiseau et de la valeur énergétique d’un aliment nous assurera qu’une quantité suffisante d’un nutriment sera ajoutée à cette portion.

Il existe plusieurs façons de faire passer les oiseaux nourris aux grains à un aliment formulé. La diminution lente de la proportion des graines aux granulés rend la transition difficile parce que l’oiseau cherche les graines oléagineuses et fait tomber les granulés sur le sol. Nous croyons qu’il est préférable d’utiliser de nombreux bols et de laisser le bol de graines se vider chaque jour en le remplissant beaucoup moins souvent et en s’assurant que le bol de granulés est toujours plein. Ajouter de l’eau chaude et mélanger des graines de tournesol à l’aliment formulé facilitent la transition. Les aliments humectés sont plus agréables au goût pour de nombreux oiseaux, mais ils se gâtent très rapidement et doivent être remplacés deux fois par jour. Passer lentement à la formule sèche une fois que le changement a été effectué. La question de transition en Amérique du Nord est rare depuis les dernières années parce que la plupart des bébés perroquets vendus sur le marché sont sevrés à l’aide d’aliments formulés. Ce sevrage est plus simple que l’utilisation de graines enrichies de toutes sortes d’aliments tendres. Si l’oiseau croît bien et qu’il a un beau plumage, il est difficile d’affirmer que la formule n’est pas complète. Étant donné que des dizaines de milliers de perroquets ont été élevés à l’aide de ces aliments formulés, nous avons moins à nous préoccuper du minimum requis pour chaque nutriment et pour chaque espèce d’oiseau.

Récemment, nous avons remis en question l’utilisation de certains ingrédients dans les aliments formulés. Même si le soja est une excellente source de protéines, il contient, à l’état brut, des agents antinutritionnels qui affectent la teneur en protéines. Cependant, ces agents sont détruits et inactivés au cours de leur traitement. La science n’a pas encore toutes les réponses, mais elle nous force à examiner les problèmes selon une méthode structurée (scientifique) qui nous permet d’arriver à certaines conclusions.

Trop souvent, des éleveurs changent quelque chose à leur élevage et associent leur succès ou leurs problèmes à ce changement. De nombreux éléments peuvent influencer l’échec ou le succès : la température, les maladies subcliniques (non diagnostiquées), l’expérience, le stress et d’autres facteurs. Afin d’évaluer avec plus de précision un nouveau supplément ou un nouvel aliment, il est important de minimiser ces autres facteurs. Une façon de mieux évaluer un produit ou un ingrédient consiste à le donner uniquement à la moitié des couples d’une espèce et de traiter l’autre moitié comme groupe de contrôle aux fins de comparaison.

Information nutritionnelle

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Le taux de calcium dans les graines oléagineuses est si bas que les gris d’Afrique, après seulement quelques années d’un régime alimentaire à base de graines, peuvent souffrir d’une tétanie musculaire ou d’autres problèmes. Ces oiseaux auraient besoin d’un supplément de calcium d’urgence donné par un vétérinaire, puisqu’ils ont de la difficulté à utiliser leurs réserves osseuses. Malheureusement, le surplus de calcium et de vitamine D3 a posé problème lorsque les éleveurs ont ajouté des suppléments en trop grande quantité. Chez les bébés perroquets qui croissent rapidement, le calcium se dépose sur les organes à tissus mous tels les reins. Une défaillance organique peut en résulter, prouvant que les mélanges faits à la maison peuvent être dangereux. Les aliments formulés subissant un contrôle rigoureux de leur qualité nutritive sont plus sûrs pour les oiseaux. Les aliments Tropican obtiennent d’excellents résultats sur le marché depuis plus de quatorze ans. De plus, le supplément de vitamines et de minéraux Prime a été élaboré par l’institut HARI pour les oiseaux qui sont nourris de graines et d’aliments mous. Il est important de suivre à la lettre les doses recommandées.

Gardez l’esprit ouvert et demandez-vous toujours s’il existe une meilleure façon de procéder.

Mark Hagen, M.Agr.
Directeur de recherche, Rolf C. Hagen inc