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Caique in the Wild

Conservation : Caïques sauvages

John McMichael

Il y a vingt ans, j’ai adopté Sammy, un caïque maïpourri. Il s’agissait de mon premier caïque. À partir de ce moment, j’ai voulu en apprendre le plus possible sur ces oiseaux, y compris leur façon de vivre dans la nature. J’ai eu de la difficulté à trouver de l’information sur ce sujet, puisqu’aucun naturaliste ne s’est penché sur la vie des caïques dans leur habitat naturel. On en sait donc peu sur leur écologie et leurs besoins en matière de conservation. Toutefois, au cours des années, j’ai recueilli des bouts d’articles ici et là, provenant de guides et de magazines sur les oiseaux ainsi que d’ouvrages scientifiques, et je me suis rendu plusieurs fois en Amérique du Sud dans l’espoir d’en apprendre davantage sur eux. Voici donc en partie ce que j’ai appris.

"Stewie" Photographed by Heléne Strömbergsson

Les caïques dans la nature

Les caïques ne vivent que dans les zones basses des forêts tropicales humides des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque. Des naturalistes avancent l’hypothèse que les caïques restent à cet endroit en raison de leur manque d’habiletés ou de propension à voler sur de longues distances. Ce serait d’ailleurs la raison pour laquelle les deux seules espèces de caïques sont si loin l’une de l’autre. En effet, les caïques à ventre blanc (Pionites leucogaster) vivent tous au sud de l’Amazone, tandis que les caïques maïpourris (Pionites melanocephalus) sont tous au nord de ce fleuve. Ces deux espèces ne se croisent que dans l’ouest de leur étendue où les cours d’eau sont étroits, mais même là, une crête de la cordillère des Andes sépare les caïques blêmes (Pionites melanocephalus pallidus) des caïques à cuisses jaunes (Pionites leucogaster xanthomerius).

Au sud-est, une vaste savane appelée Cerrado sépare l’étendue de l’habitat des caïques du Pantanal et de la forêt atlantique. Les caïques préfèrent habituellement les forêts sèches aux forêts qui sont submergées pendant la saison des pluies, mais ils aiment être près de l’eau. Des rapports provenant d’ouvrages scientifiques mentionnent tout de même que ces oiseaux vivent et se reproduisent dans les forêts marécageuses de palmiers bâches (Mauritia flexuosa), où les aras bleus aiment aussi se reproduire, et aux extrémités des forêts qui sont submergées pendant la saison des pluies. Il peut être difficile de voir les caïques dans la nature puisqu’ils préfèrent que le couvert forestier soit de 10 à 40 mètres au-dessus de leur tête. Ils se déplacent donc sous le couvert forestier, ou juste au-dessus de celui-ci, seuls ou en petites volées. C’était le cas lors de ma visite au Cristalino Lodge, où j’ai vu à plusieurs occasions une volée de trois caïques à ventre blanc (xanthurus) (Pionites leucogaster xanthurus) qui, je crois, étaient un couple et leur oisillon. Une fois, j’ai eu la chance de les observer pendant plusieurs minutes, où l’un prenait et relâchait des brindilles de l’arbre, l’autre mâchait une broméliacée, et le dernier explorait une cavité juste au-dessus de la fourche du même arbre. Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de bonnes photos puisqu’ils étaient trop loin. Je les ai également aperçus du haut d’une tour, mais bien trop brièvement. Mon guide a réussi à les faire venir près de nous en enregistrant et en faisant jouer leur cri pendant que nous étions dans un sentier à la recherche d’autres oiseaux. Lorsqu’ils se sont approchés, j’ai pu voir leurs queues jaune éclatant ainsi que leurs ventres bruns.

"Stewie" Photographed by: Heléne Strömbergsson
Les caïques ne vivent que dans les zones basses des forêts tropicales humides des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque. Des naturalistes avancent l’hypothèse que les caïques restent à cet endroit en raison de leur manque d’habiletés ou de propension à voler sur de longues distances.

Caïques en captivité

Contrairement aux caïques sauvages, les caïques en captivité ont le ventre blanc comme neige. Les spécimens que les naturalistes recueillent de la nature ont presque tous le ventre sale, sûrement à cause des fruits juteux qu’ils mangent et des feuilles mouillées couvertes de sève sur lesquelles ils se frottent pour prendre leur bain. En voyant ces oiseaux, je me suis rendu compte que le ventre blanc clair de nos caïques de compagnie pourrait en fait s’avérer une anomalie. Par ailleurs, à Tambopata et aux autres sites au sud-est du Pérou, il est facile d’observer les caïques à cuisses jaunes (Pionites leucogaster xanthomerius) en grand nombre, contrairement au Cristalino Lodge. En effet, les caïques descendent à ces endroits pour consommer de l’argile sur des falaises appelées colpas. De ma cache, j’avais une vue sur 15 à 20 caïques à cuisses jaunes qui léchaient simultanément de l’argile.
Le Dr Brightsmith (AFA Watchbird, 2004) a mentionné que les caïques lèchent surtout les falaises d’argile à Tambopata juste avant de pondre leurs œufs et après l’éclosion de ces œufs (les éleveurs de caïques reconnaîtront ce comportement, puisque les femelles sur le point de pondre leurs œufs qui sont laissées hors de leur cage défont les murs pour se rendre jusqu’au plâtre ou au ciment). Ainsi, les visites à ces falaises semblent être plutôt saisonnières, alors si vous avez l’intention de visiter Tambopata, il est préférable de vous y rendre en octobre ou en novembre. Je crois également que d’autres sous-espèces de caïques visitent les coplas, mais pas dans une telle envergure.

Une des choses qui me préoccupe le plus est la survie des caïques dans la nature. Aucun naturaliste ne les considère comme étant en voie de disparition.

Élevage en captivité

Seulement deux nations continuent d’exporter les caïques : Surinam et Guyana, deux des plus petits pays d’Amérique du Sud. Par conséquent, ils sont peu menacés par l’exportation. De plus, à l’exception de deux sous-espèces de caïques, les caïques blêmes (Pionites melanocephalus pallidus) et les caïques à ventre blanc (xanthurus) (Pionites leucogaster xanthurus), les aviculteurs élèvent maintenant les caïques maïpourris et les caïques à cuisses jaunes en un nombre suffisant pour qu’il ne soit plus nécessaire d’aller les chercher dans leur habitat naturel. Même les caïques à ventre blanc (nominaux) (Pionites leucogaster leucogaster), qui sont rares en Amérique du Nord, se reproduisent plutôt facilement en captivité, et seront probablement sur le marché un jour. Pendant l’un de mes voyages précédents au Brésil, j’ai vu 13 caïques à ventre blanc (nominaux) vivre et se reproduire dans une cage au zoo de São Paulo. Des gens les élèvent également aux États-Unis, en Europe, en Afrique du Sud, et possiblement ailleurs.

Caïques sauvages menacés

Les activités humaines locales constituent toutefois la menace principale pour les caïques. Au Brésil, j’ai été témoin d’un énorme feu lorsque j’étais dans l’avion après avoir quitté le Cristalino Lodge. Eduardo, mon guide, m’a informé que pendant la saison sèche, la fumée forme souvent un si grand voile au-dessus de la réserve Cristalino qu’aucun oiseau ne vole. Ces feux et l’exploitation forestière sont en effet les plus grandes menaces pour l’habitat des caïques, mais il y en a d’autres. Il arrive de plus en plus que les gens et les animaux soient en concurrence pour les mêmes aliments. Susan Moegenburg (Ecology Letters, 2003) a noté que lorsque la population cueille une trop grande quantité de fruits sauvages provenant de palmiers, les caïques et les autres frugivores doivent se trouver à manger à un autre endroit. George Smith (Caged Bird Hobbyist, 1996) a d’ailleurs relevé que les caïques dévalisent souvent des récoltes rizicoles tôt le matin, et que s’il pleut ou qu’il y a une forte rosée, ils deviennent mouillés et sont incapables de voler. Les résidents peuvent donc facilement les attraper, pour ensuite les servir en tant que repas. Un autre problème est d’ailleurs la pauvreté des résidents de l’Amazone, surtout le peuple indigène. Celui-ci chasse les perroquets principalement pour se nourrir, mais aussi pour leurs plumes qui sont utilisées pour fabriquer une variété d’ornements pour le corps, lesquels sont ensuite vendus. Bien que plusieurs personnes parmi le peuple indigène ne se prêtent heureusement plus à ces activités, la population indigène ne cesse de croître, ce qui signifie que les ressources qui leur sont destinées dans leurs réserves ne font que diminuer. Tout de même, l’avenir des caïques est plutôt prometteur. Plusieurs gouvernements en Amérique du Sud, et plus particulièrement au Brésil, ont interdit la garde et la vente des perroquets et d’autres espèces indigènes. Bien que de nombreux résidents se moquent de cette loi, on se rend de plus en plus compte de la valeur de ces oiseaux, ce qui est source d’espoir.

Brève biographie de John McMichael

John McMichael Caiques in the wildJohn McMichael a obtenu un doctorat en biophysique de l’Université de Pittsburgh. Il est maintenant à la retraite, mais au cours de sa carrière, il a majoritairement fait des recherches sur des vaccins contre les infections causées par le gonocoque, la kérato-conjonctivite infectieuse des bovins et la Moraxella catarrhalis. Il a d’ailleurs été récompensé pour ces recherches en se faisant élire au sein de la American Academy of Microbiology. Il a adopté son premier caïque en 1984, et se concentre majoritairement sur ces oiseaux depuis ce jour. Il élève avec succès des caïques depuis plus de 16 ans et a recueilli un grand nombre d’articles sur ces oiseaux. De plus, il a beaucoup voyagé en Amérique du Sud afin de les observer dans leur habitat naturel.