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Pourquoi pratiquer une nécropsie sur son perroquet?

Le but de cet article est de vous en apprendre sur les divers aspects et les nombreux bienfaits de la nécropsie, une discipline médicale unique.

Une nécropsie est l’étude plutôt complète d’un cadavre. Bien qu’il s’agisse de la plus ancienne intervention médicale, elle reste inconnue de la majorité des gens. Elle constitue un outil de diagnostic important pour déterminer la cause d’un décès ou d’une maladie à multiples facettes.

La mort de notre petit compagnon à plumes adoré ou la perte inexpliquée de plusieurs oiseaux reproducteurs, qui représente le travail d’une vie, peut être une expérience douloureuse sur le plan affectif. Quand on nous suggère la nécropsie, la situation devient encore plus désagréable. Il est évidemment difficile d’accepter que notre cher oiseau subisse ce type d’intervention, surtout si l’importance de la nécropsie n’est pas toujours flagrante. Est-il vraiment nécessaire d’accepter une nécropsie lorsqu’elle nous est suggérée?

Aussi déplaisante qu’elle soit, la nécropsie nous permet parfois d’obtenir la dernière pièce manquante d’un casse-tête complexe. De plus, elle peut plus ou moins constituer un outil de diagnostic essentiel à la santé et à la survie de futurs oiseaux.

Pourquoi pratiquer une nécropsie? (tableau no 1)

Il est possible de prévenir certaines maladies une fois qu’elles ont été identifiées correctement. On peut entre autres découvrir des infections, des troubles nutritionnels, des maladies héréditaires et des expositions à une substance toxique ou à une situation dangereuse sur le plan physique. Ces maladies ne sont pas toujours apparentes avant le décès de l’oiseau. Une nécropsie constitue donc la dernière chance d’en apprendre sur celles-ci, en plus de permettre d’empêcher d’autres morts à l’aide d’une gestion ou d’un traitement adéquats.

Les infections animales transmissibles aux humains (zoonoses) peuvent être très dangereuses. Déceler une de ces infections par la nécropsie est important, car les personnes exposées à l’animal infecté doivent préférablement consulter un médecin. Sachez qu’il est possible d’obtenir un traitement curatif pour plusieurs maladies infectieuses, et que dans certains cas, les autorités gouvernementales doivent être informées de l’infection.

Une nécropsie est un outil essentiel pour évaluer la qualité des soins apportés à l’animal. L’examen post-mortem permet au vétérinaire de vérifier si son hypothèse de diagnostic et son plan de traitement étaient appropriés. Ainsi, les résultats de la nécropsie permettent d’améliorer la qualité des soins prodigués.

De plus, plusieurs maladies ont été et seront découvertes pour la première fois pendant une nécropsie. En effet, les nouvelles lésions observées sur les organes ou sur le corps permettent d’en apprendre davantage sur une maladie peu documentée ou d’en découvrir une nouvelle. Grâce à ces découvertes, la science et la médecine font des progrès incontestables.

Table no 1 – Pourquoi pratiquer une nécropsie?
1. Pour chercher une maladie ayant des répercussions sur d’autres oiseaux
2. Pour voir si l’oiseau avait une maladie transmissible aux humains
3. Pour améliorer la qualité des soins prodigués aux oiseaux
4. Pour faire avancer la science

Entités pathologiques identifiables au moment de la nécropsie (tableau no 2)

Les techniques spéciales utilisées pendant le prélèvement de tissus et de fluides permettent de déceler les maladies infectieuses qui sont bactériennes, virales, fongiques ou parasitaires. L’agent infectieux est habituellement visible, mais s’il ne l’est pas, il y aura une réaction des tissus au processus infectieux. Il est donc souvent possible d’établir un diagnostic précis.

Plusieurs maladies peuvent causer une ou bon nombre de bosses (tumeurs). Dans de nombreux cas, seul un examen microscopique permet de déceler la maladie sous-jacente. Lorsqu’il est question de cancers, une analyse des cellules est alors nécessaire.

Les troubles nutritionnels engendrés par un taux inadéquat de vitamines, de minéraux et d’acides aminés peuvent donner lieu à différentes maladies. Ces troubles ont des effets négatifs visibles sur la peau et les plumes des oiseaux, ainsi que sur leurs divers systèmes et appareils (reproductif, digestif, respiratoire, urinaire, musculosquelettique, nerveux et immunitaire).

Les maladies congénitales ou héréditaires font également partie des entités pathologiques pouvant être identifiées pendant la nécropsie. Les maladies entraînant la sidérorégulation (hémochromatose), des kystes sur les plumes et la calvitie chez les serins sont des exemples de maladies ayant un élément génétique.

Certaines intoxications et blessures physiques causées par des agents nocifs ou par l’environnement de l’oiseau peuvent aussi être dévoilées grâce à une nécropsie.

De plus, le sang et les divers organes produisant et logeant les globules blancs, comme la bourse de Fabricius, le thymus, la rate, la moelle osseuse et différents nodules lymphoïdes de l’appareil digestif, permettent d’en apprendre beaucoup sur le système immunitaire de l’oiseau. Les virus, les bactéries, les protozoaires, les toxines, les troubles nutritionnels, les cancers, les maladies dégénératives, etc., peuvent en effet avoir des répercussions sur ce système. Par ailleurs, les maladies auto-immunes sont plutôt rares et peu documentées.

Tableau no 2 – Entités pathologiques identifiables au moment de la nécropsie
1. Infections
2. Tumeurs
3. Maladies métaboliques liées à la malnutrition
4. Maladies héréditaires et congénitales
5. Intoxications
 6. Traumas
 7. Troubles immunitaires

De la dissection au microscope

Idéalement, une nécropsie doit être pratiquée le plus rapidement possible après la mort de l’animal, et son corps doit être réfrigéré si la nécropsie est retardée (entre 72 et 96 heures). Sinon, la dégénérescence des tissus (autolyse) complique l’analyse. Si l’examen pathologique ne peut être effectué avant 96 heures après la mort de l’animal, le corps doit être congelé, ce qui n’est pas idéal, puisque certains tests effectués peuvent s’avérer non concluants.

Avant que la nécropsie puisse avoir lieu, le vétérinaire ou le pathologiste doit être informé de certains détails qui contribueront grandement à poser un diagnostic final.

  1. Espèce, âge, poids, sexe, méthode d’identification (bague, micropuce)
  2. Antécédents
  3. Arrivée d’un ou de plusieurs nouveaux oiseaux
  4. Antécédents médicaux, résultats de laboratoire, traitements
  5. Description de l’environnement
  6. Alimentation

Une nécropsie est constituée de trois parties pour examiner le corps : la macroscopie, la microscopie et les tests auxiliaires (supplémentaires).

Macroscopie (examen complet)

Grâce à l’examen macroscopique, il est possible d’examiner à l’œil nu et au toucher l’aspect externe de l’animal et de tous ses organes (plumes, oreilles, yeux, bouche, voies respiratoires supérieures, squelette, état corporel, etc.). C’est d’ailleurs à l’étape de la macroscopie qu’on prélève des échantillons aux fins d’analyse. Il est toujours préférable de garder des échantillons de chaque organe dans une solution de formaldéhyde au cas où des tests supplémentaires s’avéreraient nécessaires. Pour des raisons pécuniaires, il est parfois impossible d’effectuer une nécropsie complète sur l’animal. Il faut donc favoriser les organes les plus touchés selon les signes cliniques, ou les organes visiblement anormaux. Par exemple, si l’animal est mort subitement, il faut prendre des échantillons de son cœur, de son cerveau, de ses poumons et de ses glandes endocrines. S’il est mort d’une maladie chronique, des échantillons du tube digestif et du foie sont alors essentiels. D’autre part, si l’oiseau est mort jeune, il faut d’abord examiner son système immunitaire, comme la bourse de Fabricius. Les échantillons d’organes sont ensuite stabilisés (fixés) dans une solution de formaldéhyde, après quoi ils peuvent être conservés longtemps.

Prendre des photos à différentes étapes de la nécropsie aide aussi à obtenir un examen approfondi. De plus, l’examen peut comprendre des rayons X qui révéleront fractures, tumeurs, métaux lourds ou autres anomalies possibles.

L’apparence de chaque tissu est examinée afin de détecter la présence d’un état pathologique. En suivant toujours un ordre systématique (p. ex. avec un formulaire préétabli), chaque organe est décrit selon sa couleur, sa forme, sa consistance, sa grosseur et l’odeur qui s’en dégage, en plus d’indiquer si des lésions focales sont présentes ou non. Toutes ces observations peuvent servir à décrire une entité pathologique dans l’organe touché (tableau no 3).

Tableau no 3 – Exemple d’une description macroscopique : stéatose hépatique
Organe : Foie
Couleur : pâle, jaune
Forme : rond
Consistance : mou, friable
Taille : agrandie
Odeur : aucune à noter
Aucune lésion focale

Microscopie

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Image 1 : blocs de paraffine avec tissus intégrés

La microscopie est l’étude des tissus au niveau des cellules. Pour observer les cellules au microscope, il faut suivre de nombreuses étapes. Tout d’abord, il faut enlever l’eau contenue dans les cellules et la remplacer par de la paraffine, afin de couper le tissu sans difficultés. Une fois le tissu intégré au bloc de paraffine (image 1), le bloc doit être coupé très finement (5 microns) à l’aide d’un instrument appelé microtome, puis placé sur une lame de verre et coloré (images 2, 3, 4). Les cellules sont ensuite examinées à différentes échelles de grossissement, et une description détaillée est faite selon les résultats histologiques (inflammation, tumeur, parasites, corps d’inclusion, etc.) (tableau no 4).

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Image 2 : Lame de verre pour histologie (7,5 x 2,5 cm) avec tissu

 

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Image 3 : Cervelet normal (grossissement original : 12,5 x)

 

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Image 4 : Rein normal (grossissement original : 400 x)
Tableau no 4 – Exemple d’une description microscopique : infection splénique par virus du polyome
Nécrose multifocale du tissu splénique
Caryomégalie
De nombreuses inclusions intranucléaires basophiles dans les cellules réticulaires de la rate

Examens auxiliaires

Le prélèvement de tissus, de plumes ou de fluides aux fins d’analyses bactériologique, virologique, fongique, parasitologique, toxicologique, cytologique, de colorations spéciales et par PCR, fait également partie de la nécropsie. Toutes les analyses sont importantes, puisqu’elles se complètent. Dans plusieurs cas, ces analyses aident à confirmer le diagnostic pathologique.

Conclusion

Un rapport de nécropsie est basé sur les observations faites à l’œil nu, ou au moyen d’un microscope ou de plusieurs types d’analyses en laboratoire. Bien entendu, tout ce qui est lié à l’animal est également essentiel. C’est pourquoi toute l’information recueillie concernant la mort ou la maladie d’un oiseau est primordiale. La nécropsie permet de découvrir beaucoup d’information impossible à obtenir autrement qui peut avoir de grandes répercussions sur d’autres oiseaux. Même si une nécropsie ne permet pas toujours un diagnostic précis, elle peut constituer le chapitre final d’un évènement possiblement douloureux, en plus d’offrir un sentiment de satisfaction et de soulagement. La nécropsie offre la possibilité d’examiner une maladie et de se servir de l’information obtenue pour aider d’autres oiseaux.

Dre Diane Noël, D.M.V., I.P.S.A.V

Biographie -Dre Diane Noël, D.M.V., I.P.S.A.V.

Dre Diane Noël a obtenu son baccalauréat en médecine vétérinaire à l’Université de Montréal en 1992. Elle a ensuite effectué un stage spécialisé en médecine vétérinaire pour petits animaux et en chirurgie, puis elle a fait sa résidence en pathologie comparative à l’Université de Miami et en pathologie clinique à l’Université de Montréal.

C’est d’ailleurs pendant sa résidence à Miami qu’elle a eu la piqûre pour la pathologie aviaire et le monde des oiseaux. Malgré la grande diversité animale de sa formation officielle, Dre Noël était particulièrement intéressée par l’hématologie aviaire et les diverses techniques de diagnostic employées en médecine aviaire.

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